- Sebastien Nizet
- 6 juin

Je suis constamment surpris par les sons qui m'entourent.
Depuis l'enfance, je suis fasciné par l'écoute du monde. La rencontre avec le cinéma et le bruitage n'a fait que renforcer cette fascination. J'ai toujours eu tendance à écouter les films autant que je les regarde, parfois même davantage. Derrière chaque ambiance, chaque texture sonore, chaque détail presque imperceptible, il y a un travail de création qui continue encore aujourd'hui de me passionner.
Plus tard, j'ai découvert le field recording. J'y ai trouvé une façon concrète de prolonger cette curiosité et de construire ma propre bibliothèque d'expériences sonores.
Pour moi, la prise de son de terrain représente tout ce qui existe en dehors de l'environnement contrôlé d'un studio. C'est partir à la rencontre d'un lieu, d'une atmosphère, d'un instant. C'est écouter ce qui est déjà là avant même de chercher à le transformer.
Avec les années, cette passion n'a cessé de grandir. J'ai appris la prise de son en studio, mais aussi sur le terrain, au contact des environnements les plus variés.
Aujourd'hui, j'utilise régulièrement des outils qui permettent d'explorer des dimensions du son auxquelles nos oreilles n'ont pas naturellement accès. Des microphones ambisoniques pour capturer l'espace en trois dimensions, des microphones de contact pour révéler les résonances internes des matériaux, des hydrophones pour écouter le monde sous l'eau, ou encore des capteurs électromagnétiques capables de révéler l'activité invisible des appareils qui nous entourent.
J'aime cette idée que le monde sonore est beaucoup plus vaste que ce que nous percevons spontanément.
Une grande partie de mon travail consiste simplement à écouter et à documenter le quotidien. J'enregistre régulièrement mes déplacements, mes promenades, mes voyages ou de simples moments de la vie courante. Je préfère souvent laisser le lieu me surprendre plutôt que partir avec une idée précise de ce que je vais enregistrer.
C'est aussi pour cette raison que la prise de son immersive occupe aujourd'hui une place particulière dans ma pratique. L'ambisonie permet de reproduire avec fidélité des environnements complexes et de replacer l'auditeur au cœur de l'espace sonore. Elle offre la possibilité de partager une expérience d'écoute telle qu'elle a été vécue sur le terrain. C'est probablement l'approche qui me passionne le plus aujourd'hui.
Au quotidien, je garde toujours avec moi un kit minimal : un petit enregistreur stéréo, quelques microphones spécialisés, un système binaural et une caméra légère pour documenter les lieux et les contextes de prise de son. Même lorsque je ne pars pas enregistrer spécifiquement, j'aime rester prêt à capturer l'inattendu.
Parce qu'au fond, c'est peut-être cela qui me fascine le plus : ne pas savoir à l'avance ce que je vais entendre.
Bien sûr, la prise de son destinée à une production spécifique reste au cœur de mon activité. J'aime rechercher, concevoir ou fabriquer le son dont un projet a besoin. Mais tout commence toujours par cette même envie : écouter.
« Capture The Sound Of The World » n'est pas seulement une signature ou un slogan.
C'est ma façon de vivre le son.

